Esprit Français

Publié le 3 août 2026 par Équipe Esprit Français

Le Panthéon : grands hommes et valeurs pour la naturalisation

Qui repose au Panthéon et pourquoi ? Les grands hommes de la République et l'inscription du fronton, une question qui revient à l'entretien de naturalisation.

À l’entretien de naturalisation, il arrive qu’on vous demande de citer un grand personnage de l’histoire de France, ou qu’on vous interroge sur ce monument à la coupole visible depuis tout le Quartier latin. Le Panthéon de Paris est le lieu où la République honore ses grands hommes, ceux et celles qui l’ont servie. Sur son fronton, une phrase résume tout : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante ». Voici ce qu’il faut en savoir pour répondre juste, sans réciter une fiche.

Façade du Panthéon de Paris avec sa colonnade à l'antique et son fronton portant l'inscription Aux grands hommes la patrie reconnaissante
La façade du Panthéon, dans le 5e arrondissement de Paris. Crédit : Chabe01, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Qu’est-ce que le Panthéon et pourquoi existe-t-il ?

Au départ, ce n’était pas un tombeau. Le bâtiment est une ancienne église, dédiée à sainte Geneviève, la patronne de Paris. Le roi Louis XV en commande la construction pour tenir un vœu de guérison, et il en confie les plans à l’architecte Jacques-Germain Soufflot. Les travaux traînent, Soufflot meurt avant la fin, et l’édifice n’est achevé qu’en 1790, en pleine Révolution française.

C’est là que son destin bascule. En avril 1791, le tribun Mirabeau meurt. L’Assemblée cherche un lieu à la hauteur pour l’enterrer, et décide de transformer l’église en un temple laïque destiné à recueillir les cendres des grands hommes de la Nation. On grave alors sur le fronton la formule restée célèbre :

Aux grands hommes, la patrie reconnaissante.

Le premier grand écrivain à y être transféré est Voltaire, en juillet 1791. Jean-Jacques Rousseau le rejoint en 1794. Au XIXe siècle, le monument hésite plusieurs fois entre sa vocation religieuse et sa vocation mémorielle, au gré des changements de régime. Il redevient définitivement une nécropole nationale en 1885, à la mort de Victor Hugo : ses funérailles rassemblent une foule immense, et la République en fait le symbole de son culte des grands esprits. Depuis, le Panthéon ne change plus de fonction. Le monument, aujourd’hui géré par le Centre des monuments nationaux, se visite toute l’année.

Qui décide qui entre au Panthéon ?

C’est une décision très rare, et elle ne revient pas à une commission anonyme. En pratique, c’est le président de la République qui choisit d’y faire entrer une personnalité, par décret. On appelle cette entrée une panthéonisation. Elle prend la forme d’une cérémonie solennelle, souvent accompagnée d’un grand discours, comme celui d’André Malraux pour le transfert des cendres de Jean Moulin en 1964.

Le critère n’est pas la célébrité, ni la fortune, ni le pouvoir. On entre au Panthéon pour avoir servi la France et incarné les valeurs de la République : la défense des libertés, le courage, la science, la justice, la résistance à l’oppression. C’est un point utile à retenir pour l’entretien, car il dit quelque chose d’essentiel sur ce que la République valorise. Elle n’honore pas ses rois ni ses généraux victorieux, elle honore ceux qui ont fait avancer les idées de liberté et d’égalité.

Toutes les personnes présentes dans la crypte n’y ont d’ailleurs pas été transférées : certaines ont demandé de leur vivant à y reposer, d’autres y sont entrées des décennies après leur mort. Ce qui compte, c’est le geste de la Nation qui reconnaît une dette.

Quelles grandes figures reposent au Panthéon ?

Plus de quatre-vingts personnalités reposent aujourd’hui sous la coupole. Impossible de toutes les citer, mais quelques noms reviennent souvent et méritent d’être connus.

Côté écrivains et penseurs : Voltaire et Rousseau, les philosophes des Lumières, mais aussi Victor Hugo, Émile Zola, auteur du « J’accuse » de l’affaire Dreyfus, et Alexandre Dumas, entré en 2002. Côté science, Marie Curie et son mari Pierre, deux fois récompensés par le prix Nobel. Côté combats politiques, Jean Jaurès, figure du socialisme assassiné en 1914, et Victor Schœlcher, qui a porté l’abolition de l’esclavage en 1848.

Une grande partie de la crypte est consacrée aux figures de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale : Jean Moulin, bien sûr, mais aussi les quatre résistants honorés en 2015, dont Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Les entrées les plus récentes prolongent cette histoire. Joséphine Baker, artiste et résistante, est entrée en 2021. Le résistant d’origine arménienne Missak Manouchian en 2024. Robert Badinter, l’avocat et ministre qui a fait abolir la peine de mort, est panthéonisé le 9 octobre 2025, jour choisi pour son symbole : quarante-quatre ans jour pour jour après le vote de cette abolition de la peine de mort en 1981 qu’il avait défendue. En 2026, c’est l’historien Marc Bloch, fusillé par la Gestapo en 1944, qui rejoint le monument avec son épouse Simonne.

Vous n’avez pas besoin de connaître cette liste par cœur. Retenez deux ou trois noms qui vous parlent, et surtout comprenez la logique : on trouve au Panthéon des savants, des écrivains, des défenseurs des droits et des résistants, pas des monarques.

Le fronton sculpté du Panthéon de Paris gravé de l'inscription Aux grands hommes la patrie reconnaissante
Le fronton du Panthéon et son inscription. Crédit : Hervé Seignole, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Combien de femmes reposent au Panthéon ?

C’est une question sensible et souvent posée, car elle raconte l’évolution du pays. Pendant plus d’un siècle, la crypte n’a abrité que des hommes. La première femme à y entrer pour son propre mérite est Marie Curie, en 1995, aux côtés de Pierre Curie. Avant elle, une seule femme reposait au Panthéon, mais uniquement parce qu’elle était l’épouse d’un savant, pas pour ses propres accomplissements. La nuance compte.

Depuis, d’autres ont suivi, et elles restent une petite minorité, moins d’une dizaine à ce jour. Simone Veil, rescapée de la Shoah et femme politique qui a fait voter la loi autorisant l’avortement, y est entrée en 2018 avec son mari Antoine. Joséphine Baker en 2021 est devenue la première femme noire honorée de la sorte. Les résistantes Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz complètent ce petit groupe.

Si l’agent vous interroge sur les femmes célèbres de l’histoire de France, Simone Veil et Marie Curie sont deux réponses solides, faciles à retenir et à situer. Pour aller plus loin sur le parcours de l’une d’elles, notre article sur Simone Veil et la loi sur l’IVG détaille son combat et son entrée au Panthéon.

Ce qu’il faut retenir pour l’entretien

Si le Panthéon tombe dans la conversation, gardez ces repères en tête :

  • Le Panthéon est un monument de Paris où la République honore ses grands hommes et grandes femmes.
  • C’était à l’origine une église dédiée à sainte Geneviève, transformée en nécropole pendant la Révolution française.
  • Son fronton porte l’inscription « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante ».
  • On y entre par décision du président de la République, pour avoir servi la France et ses valeurs républicaines.
  • On y trouve des écrivains (Voltaire, Rousseau, Hugo, Zola), des scientifiques (Marie Curie), des défenseurs des droits (Victor Schœlcher, Robert Badinter) et des résistants (Jean Moulin, Joséphine Baker, Missak Manouchian).
  • Marie Curie (1995) est la première femme entrée pour son propre mérite ; Simone Veil l’a rejointe en 2018.

Le Panthéon n’est pas une question piège, c’est une occasion de montrer que vous avez saisi l’esprit de la République : celui d’un pays qui choisit d’honorer les idées et le courage plutôt que la naissance. Pour consolider ces repères, notre thème Histoire reprend les grandes dates et les figures à connaître, et l’article sur la devise Liberté, Égalité, Fraternité éclaire les valeurs que ces grands hommes ont défendues.

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