Publié le 18 juillet 2026 par Équipe Esprit Français
Simone Veil et la loi IVG : à connaître pour la naturalisation
Simone Veil incarne l'égalité et le courage républicain. Sa loi de 1975 sur l'IVG, inscrite dans la Constitution en 2024 : ce qu'il faut retenir pour l'entretien.
« Citez une femme qui a marqué l’histoire de France. » La question tombe souvent à l’entretien d’assimilation, et beaucoup de candidats sèchent. Une réponse fonctionne presque à tous les coups : Simone Veil. Rescapée d’Auschwitz, magistrate, ministre, première présidente du Parlement européen élu, entrée au Panthéon. Et surtout la femme qui a fait voter la loi autorisant l’avortement en 1975, une liberté inscrite dans la Constitution en mars 2024. Voici pourquoi son nom vaut de l’or le jour de l’entretien, et comment le placer correctement.

Qui était Simone Veil ?
Simone Jacob naît à Nice en 1927, dans une famille juive. En 1944, à seize ans, elle est arrêtée et déportée au camp d’Auschwitz-Birkenau, puis à Bergen-Belsen. Elle en revient en mai 1945. Une grande partie de sa famille a été assassinée. Ce passé, elle ne le mettra jamais en avant pour s’apitoyer, mais il explique la force tranquille qu’on lui a toujours reconnue.
Après la guerre, elle fait des études de droit et devient magistrate. Elle travaille dans l’administration pénitentiaire, s’occupe de la condition des détenues, réforme les prisons. En 1974, le président Valéry Giscard d’Estaing la nomme ministre de la Santé dans le gouvernement de Jacques Chirac. C’est là qu’elle va porter le combat qui a fait entrer son nom dans l’Histoire.
Sa carrière ne s’arrête pas à 1975. En 1979, elle est élue première présidente du Parlement européen au suffrage universel direct, un poste qu’elle occupe jusqu’en 1982. Européenne convaincue, rescapée des camps, elle voyait dans la construction européenne le meilleur rempart contre le retour de la barbarie. Simone Veil meurt le 30 juin 2017, à 89 ans. Un an plus tard, le 1er juillet 2018, elle entre au Panthéon avec son mari Antoine, cinquième femme à y reposer. Une consécration rare, réservée aux personnalités qui incarnent les valeurs de la République.
Que dit la loi Veil de 1975 sur l’IVG ?
Au début des années 1970, l’avortement est interdit et puni par la loi en France. Des milliers de femmes avortent clandestinement chaque année, dans des conditions dangereuses, parfois mortelles. Certaines partent à l’étranger, celles qui en ont les moyens. Les autres risquent leur vie.
Simone Veil monte à la tribune de l’Assemblée nationale le 26 novembre 1974. Elle est ministre, elle est une femme, elle parle devant un hémicycle presque entièrement masculin, et une partie de sa propre majorité lui est hostile. Le débat dure vingt-cinq heures. Certains propos tenus contre elle sont d’une violence inouïe. Elle tient bon.
« Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. »
Le texte est voté le 29 novembre 1974 par 284 voix contre 189, grâce en grande partie aux voix de la gauche, alors que Simone Veil appartient à un gouvernement de droite. La loi n° 75-17 du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de la grossesse est promulguée. Elle autorise l’IVG dans un délai légal, fixé à dix semaines en 1975 et allongé depuis. Détail souvent oublié : la loi n’est d’abord votée qu’à titre provisoire, pour cinq ans. Elle sera rendue définitive en 1979.
Pourquoi ce combat a-t-il autant marqué les esprits ? Parce qu’il a fait basculer une question longtemps taboue dans le camp des libertés reconnues, et parce que la femme qui l’a porté venait de traverser l’enfer sans jamais renoncer à croire en la France. Le nom « loi Veil » est resté attaché à la personne, ce qui est rare. En 2025, la République a célébré les cinquante ans du texte, preuve qu’il reste un repère vivant et pas une simple ligne dans un manuel.
Ce que le jury attend que vous compreniez, ce n’est pas le détail médical. C’est le principe : la loi Veil est une avancée majeure pour l’égalité entre les femmes et les hommes et pour la liberté de disposer de son corps. Elle est devenue un symbole des droits des femmes en France.
Pourquoi l’IVG est-elle entrée dans la Constitution en 2024 ?
Pendant près de cinquante ans, l’IVG est restée une liberté garantie par la loi ordinaire, donc modifiable par une simple majorité au Parlement. Le recul du droit à l’avortement aux États-Unis en 2022 a relancé le débat en France : et si, un jour, une majorité voulait revenir en arrière ?
La réponse est venue par le sommet des normes. Le 4 mars 2024, le Parlement réuni en Congrès à Versailles adopte le projet de révision par 780 voix contre 72. La loi constitutionnelle n° 2024-200 du 8 mars 2024 ajoute un alinéa à l’article 34 de la Constitution :
« La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse. »
Deux points valent le détour. D’abord le mot choisi : il s’agit d’une liberté garantie, pas d’un « droit », une formulation reprise du vocabulaire du Conseil constitutionnel. Ensuite la date de promulgation, le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, choisie pour sa charge symbolique. Avec ce texte, la France est devenue le premier pays au monde à inscrire aussi explicitement cette liberté dans sa Constitution. C’est un point d’actualité républicaine que peu de candidats connaissent, et qui fait toujours bonne impression quand on sait le citer.
Comment utiliser Simone Veil le jour de l’entretien ?
Son nom sert à répondre à plusieurs questions classiques, pas seulement à « citez une femme célèbre ». Gardez ces angles en tête.
- Une personnalité qui a marqué la France : Simone Veil, pour la loi de 1975 et son parcours de rescapée devenue ministre.
- Une avancée pour les droits des femmes : la loi Veil sur l’IVG, complétée par son inscription dans la Constitution en 2024.
- La valeur d’égalité : elle illustre concrètement l’égalité entre les femmes et les hommes, un principe que la République défend.
- La mémoire et l’Europe : rescapée des camps, elle a construit sa vie politique sur la réconciliation européenne, à relier avec le rôle de la France après les deux guerres mondiales.
Une bonne réponse tient en trois ou quatre phrases. Par exemple : « Simone Veil est la femme que j’admire le plus dans l’histoire française. Rescapée d’Auschwitz, elle est devenue ministre de la Santé et a fait voter en 1975 la loi qui autorise l’avortement, une grande avancée pour l’égalité entre les femmes et les hommes. En 2024, cette liberté a été inscrite dans la Constitution, et Simone Veil repose au Panthéon depuis 2018. »
Un piège à éviter : ne transformez pas la réponse en débat personnel sur l’avortement. L’agent ne vous demande pas votre opinion intime, il vérifie que vous connaissez une figure et une valeur de la République. Restez sur les faits et sur le principe d’égalité. C’est d’ailleurs la même logique que pour toutes les questions de valeurs : on attend de vous que vous adhériez aux principes républicains, pas que vous récitiez une conviction militante.
Ce qu’il faut retenir, en une ligne : Simone Veil, loi de 1975 sur l’IVG, liberté inscrite dans la Constitution en 2024, Panthéon. Quatre repères, une réponse solide. Pour renforcer votre culture des valeurs, prolongez avec la devise Liberté, Égalité, Fraternité et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, les deux socles sur lesquels reposent ces avancées.
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