Publié le 10 août 2026 par Équipe Esprit Français
Territoires d'outre-mer : la réponse juste pour la naturalisation
5 DROM, plusieurs COM, la Nouvelle-Calédonie : la liste des territoires d'outre-mer français et les réponses attendues à l'entretien de naturalisation.
« Citez-moi des territoires français d’outre-mer. » La question tombe souvent à l’entretien, et beaucoup de candidats sèchent après la Guadeloupe et la Martinique. La France ne s’arrête pas à l’Hexagone : elle est présente sur trois océans grâce à ses territoires d’outre-mer, qui comptent cinq départements (les DROM) et plusieurs collectivités (les COM). Voici la liste exacte, ce qui distingue un DROM d’une COM, et les repères à donner le jour de l’entretien de naturalisation.
Quels sont les cinq départements d’outre-mer (DROM) ?
Le socle à connaître par cœur, ce sont les cinq DROM, pour « départements et régions d’outre-mer ». Retenez-les avec leur océan, cela aide à ne pas les oublier :
- La Guadeloupe et la Martinique, dans les Antilles, en mer des Caraïbes.
- La Guyane, sur le continent sud-américain, entre le Brésil et le Suriname. C’est le plus vaste territoire français après la métropole.
- La Réunion, dans l’océan Indien, à l’est de Madagascar.
- Mayotte, également dans l’océan Indien, au nord du canal du Mozambique.
Ces cinq territoires sont des départements français à part entière. On y vote aux mêmes élections, on y utilise l’euro, on y applique le Code civil et le Code pénal comme à Lille ou à Toulouse. C’est le principe de l’identité législative : la loi française s’y applique de plein droit, avec quelques adaptations possibles. C’est d’ailleurs pour cela que le décompte officiel donne 101 départements : 96 en métropole et 5 outre-mer.
Un détail que les agents apprécient : quatre de ces territoires (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion) sont devenus des départements par la loi du 19 mars 1946, portée notamment par le poète et député martiniquais Aimé Césaire. Mayotte, elle, est la petite dernière : après le référendum de 2009, elle est devenue le 101e département le 31 mars 2011. Savoir situer cette histoire montre que vous ne récitez pas une liste, mais que vous comprenez le lien entre ces îles et la République.
Ce lien plonge d’ailleurs ses racines bien plus loin. Aux Antilles, en Guyane et à La Réunion, l’histoire de l’outre-mer est indissociable de celle de l’esclavage et de son abolition définitive en 1848, sous l’impulsion de Victor Schœlcher. La départementalisation de 1946 a été vécue par beaucoup comme l’aboutissement d’un long combat pour l’égalité des droits avec les citoyens de métropole. Faire ce rapprochement à l’entretien, sans réciter une leçon, montre que vous saisissez pourquoi ces territoires sont pleinement français, et pas seulement sur une carte.
DROM ou COM : quelle différence à l’entretien ?
À côté des cinq départements, la France compte des collectivités d’outre-mer (COM). La nuance n’est pas qu’administrative : elle touche à la façon dont la loi s’applique, et un agent bien informé peut vous tester dessus.
Dans un DROM, on l’a vu, la loi nationale s’applique automatiquement. Dans une COM, c’est différent : la collectivité dispose d’une autonomie plus large et adapte une partie des règles à ses réalités locales (fiscalité, urbanisme, parfois le droit du travail). Les principales COM sont :
- La Polynésie française et Wallis-et-Futuna, dans l’océan Pacifique.
- Saint-Pierre-et-Miquelon, un archipel de l’Atlantique Nord, au large du Canada.
- Saint-Barthélemy et Saint-Martin, deux îles des Antilles détachées de la Guadeloupe en 2007.
Cette organisation est inscrite dans la Constitution. L’article 73 régit les départements d’outre-mer, l’article 74 régit les collectivités d’outre-mer. Vous n’êtes pas obligé de citer les numéros d’articles à l’entretien, mais si vous le faites, l’effet est garanti. Pour comprendre comment ces textes s’insèrent dans la loi fondamentale, notre article sur la Constitution de 1958 pose les bases.
La République reconnaît, au sein du peuple français, les populations d’outre-mer, dans un idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité. (article 72-3 de la Constitution)
Une différence concrète illustre bien cette autonomie : la monnaie. Dans les cinq DROM, on paie en euros, comme partout en métropole. Mais dans les collectivités du Pacifique (Polynésie, Wallis-et-Futuna) et en Nouvelle-Calédonie, la monnaie officielle est le franc CFP, aussi appelé franc Pacifique, dont la valeur est arrimée à l’euro par une parité fixe. C’est un vestige de l’histoire monétaire française, conservé après le passage à l’euro en 2002. Personne ne vous demandera le taux de change à l’entretien, mais savoir qu’une partie de l’outre-mer n’utilise pas l’euro est un détail qui surprend agréablement.
La Nouvelle-Calédonie, un cas à part
Si vous voulez impressionner, il y a un territoire qui n’est ni un DROM ni une COM : la Nouvelle-Calédonie, dans le Pacifique Sud. Elle bénéficie d’un statut particulier, décrit dans un titre entier de la Constitution, le titre XIII, hérité de l’accord de Nouméa signé en 1998. Ce statut lui donne des institutions propres et des compétences très étendues, presque celles d’un État associé.
Restent enfin les Terres australes et antarctiques françaises (les TAAF) et l’île de Clipperton, dans le Pacifique. Ce sont des territoires sans population permanente, peuplés seulement de scientifiques et de militaires. On ne vous demandera jamais de les citer à l’entretien, mais ils rappellent une chose utile à savoir : c’est grâce à ces îles éparpillées sur tous les océans que la France possède le deuxième domaine maritime du monde, juste derrière les États-Unis.
Un dernier raffinement, à ne sortir que si vous êtes à l’aise : en Martinique et en Guyane, le département et la région ont fusionné en une collectivité territoriale unique depuis 2015. Concrètement, une seule assemblée gère ce que le département et la région gèrent séparément en métropole. C’est le genre de précision qui n’est jamais exigée, mais qui trahit une vraie connaissance du pays.
Ce qu’il faut retenir pour l’entretien de naturalisation
Si l’agent aborde l’outre-mer, ces repères suffisent à répondre juste et à vous démarquer :
- Il y a 5 DROM : Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte. Ce sont des départements français, où la loi s’applique de plein droit.
- Les COM (Polynésie, Wallis-et-Futuna, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin) ont plus d’autonomie.
- La Nouvelle-Calédonie a un statut particulier à part.
- La France est présente sur trois océans (Atlantique, Indien, Pacifique) et possède le deuxième espace maritime mondial.
- Date-clé : la loi du 19 mars 1946 transforme quatre anciennes colonies en départements ; Mayotte devient le 101e département en 2011.
L’outre-mer n’est pas un sujet piège, c’est une occasion. Un candidat qui cite trois DROM sans hésiter et qui sait que la Guyane est en Amérique du Sud envoie un signal clair : il connaît la France dans son ensemble, pas seulement la carte postale de la métropole. Évitez juste l’erreur classique qui consiste à confondre un territoire d’outre-mer avec un pays étranger : la Guadeloupe, la Réunion ou la Guyane ne sont pas « à côté » de la France, elles sont la France, avec les mêmes lois et les mêmes droits. Ces notions font partie du socle de l’examen civique. Vous pouvez les réviser dans notre thème Histoire, tester vos connaissances sur les questions fréquentes de l’entretien, et compléter avec notre guide sur les régions et départements de France.
Pour vérifier ces informations à la source, deux références officielles font foi : la fiche « Le territoire de la France » du ministère de l’Intérieur, et la page « Les outre-mer » du Conseil constitutionnel, qui détaille le régime des articles 73 et 74.
Préparez l'examen avec l'application