Publié le 27 mai 2026 par Équipe Esprit Français
Que symbolise le 14 juillet ? La réponse pour la naturalisation
Prise de la Bastille en 1789 ou Fête de la Fédération en 1790 ? Ce que commémore vraiment le 14 juillet et comment bien répondre à l'entretien.
Posez la question à dix Français de naissance, et la moitié vous répondra « la prise de la Bastille ». Ils n’ont pas tort. Mais ils n’ont pas tout à fait raison non plus. Le 14 juillet commémore officiellement deux événements à la fois : la prise de la Bastille du 14 juillet 1789 et la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790. Cette double lecture n’est pas un hasard, c’est un choix politique délibéré de 1880. Voilà ce qu’il faut comprendre, et savoir formuler, le jour de l’entretien de naturalisation.

Que commémore le 14 juillet : 1789 ou 1790 ?
Les deux. Et c’est précisément la réponse qui fait la différence à l’entretien.
Quand les députés de la IIIe République ont voulu donner une fête nationale au pays en 1880, ils se sont heurtés à un problème. La prise de la Bastille de 1789 était un symbole puissant, mais aussi une journée de violence : des morts, un gouverneur décapité, des têtes promenées au bout des piques. Pour une partie des parlementaires, célébrer cela revenait à glorifier l’émeute.
La solution a été trouvée dans une seconde date, plus consensuelle : le 14 juillet 1790, jour de la Fête de la Fédération, une grande célébration d’union nationale, pacifique, en présence du roi. En gardant le même jour pour deux événements séparés d’un an, le législateur a réussi à contenter tout le monde. La République, son geste fondateur de 1789, et la réconciliation de 1790, tout tient dans une seule date.
Retenez donc la formule qui rassure l’agent : le 14 juillet célèbre à la fois la prise de la Bastille de 1789 et la Fête de la Fédération de 1790.
La prise de la Bastille du 14 juillet 1789 : ce qu’il faut savoir
C’est l’événement le plus connu, et celui qu’on attend en premier. La Bastille était une forteresse parisienne devenue prison d’État, symbole de l’arbitraire royal : on pouvait y être enfermé sur simple lettre de cachet signée du roi, sans jugement.
Le 14 juillet 1789, une foule parisienne en quête de poudre et de munitions marche sur la forteresse. Après plusieurs heures d’affrontements, la Bastille tombe. Son gouverneur, Bernard-René de Launay, est tué. Petit détail qui surprend toujours : la prison ne comptait ce jour-là que sept prisonniers, dont quelques faussaires et deux aliénés. La Bastille était donc presque vide. Ce qui comptait, ce n’était pas de libérer des détenus, mais de s’emparer d’un symbole.
Et c’est là tout le sens de l’événement. La prise de la Bastille marque la victoire du peuple sur le pouvoir absolu. Elle devient aussitôt l’acte de naissance symbolique de la Révolution française, même si la Révolution avait commencé quelques semaines plus tôt avec les États généraux et le Serment du Jeu de paume.
Une confusion fréquente à éviter : ne dites pas que le 14 juillet 1789 marque « le début de la République ». La République n’est proclamée qu’en 1792. En 1789, la France reste une monarchie, Louis XVI est toujours roi. La Bastille tombe, pas la couronne.
La Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 : l’autre 14 juillet
Un an jour pour jour après la prise de la Bastille, Paris organise une cérémonie immense au Champ-de-Mars. Des gardes nationaux venus de toute la France défilent sous la bannière de leur région. On parle de plusieurs centaines de milliers de participants.
L’esprit est radicalement différent de 1789. Là où la Bastille évoque l’insurrection, la Fête de la Fédération célèbre l’unité retrouvée de la nation. Louis XVI lui-même prête serment de fidélité à la Constitution. C’est un moment d’espérance, avant que la Révolution ne bascule dans la violence des années suivantes.
C’est précisément cette image apaisée qui a séduit les parlementaires de 1880. Comme l’a dit l’historien Henri Martin, rapporteur du texte au Sénat, ce 14 juillet 1790 « ne peut être reproché d’avoir versé une goutte de sang ». La Fédération offrait le visage rassembleur dont la jeune République avait besoin.
Pourquoi le 14 juillet est-il devenu la fête nationale ?
La fête nationale n’a rien d’immédiat ni d’évident. Il a fallu attendre quatre-vingt-onze ans après 1789 pour qu’une loi fixe officiellement le 14 juillet.
Le 21 mai 1880, le député Benjamin Raspail dépose une proposition de loi, signée par soixante-quatre de ses collègues, pour faire du 14 juillet le jour de fête nationale annuelle. La Chambre des députés l’adopte le 8 juin, le Sénat le 29 juin, et la loi est promulguée le 6 juillet 1880.
Le texte est d’une brièveté remarquable. Son article unique se contente de poser :
La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle.
Pas un mot sur l’événement commémoré. Ni 1789, ni 1790. Cette imprécision est volontaire : en ne tranchant pas, le législateur laisse chacun y mettre le sens qu’il préfère, le révolutionnaire comme le modéré. C’est la souplesse de cette formulation qui a permis le vote à une large majorité. Une bonne réponse d’entretien peut mentionner que la loi du 6 juillet 1880 n’a jamais précisé lequel des deux 14 juillet elle célébrait, et que c’est justement ce qui a fait sa force.
Depuis, le 14 juillet rythme la vie publique française : défilé militaire sur les Champs-Élysées le matin, bals des pompiers et feux d’artifice le soir. Le drapeau tricolore, la Marseillaise et la devise républicaine s’y rejoignent, les trois grands symboles inscrits à l’article 2 de la Constitution.
Comment répondre à la question du 14 juillet à l’entretien ?
L’agent peut formuler la question de plusieurs manières. Voici les variantes courantes et la bonne réponse pour chacune :
- « Quelle est la fête nationale française ? » → Le 14 juillet.
- « Que commémore le 14 juillet ? » → La prise de la Bastille de 1789 et la Fête de la Fédération de 1790.
- « Depuis quand le 14 juillet est-il férié ? » → Depuis la loi du 6 juillet 1880.
- « Que s’est-il passé le 14 juillet 1789 ? » → La prise de la Bastille, symbole de la fin de la monarchie absolue.
Le piège classique consiste à ne citer que la Bastille. Ce n’est pas faux, mais ajouter la Fête de la Fédération montre une compréhension plus fine, et c’est exactement ce que l’agent attend d’un futur citoyen. Évitez aussi de confondre 1789 (prise de la Bastille) et 1792 (proclamation de la République), une erreur de date très répandue.
Ce qu’il faut retenir, en une phrase : le 14 juillet est la fête nationale depuis 1880, et elle célèbre à la fois l’élan révolutionnaire de 1789 et l’unité nationale de 1790. Avec cette réponse, vous couvrez tout.
Pour aller plus loin sur les symboles de la République qui tombent souvent à l’entretien, lisez nos articles sur la Marseillaise et son histoire et sur la devise Liberté, Égalité, Fraternité. Et pour réviser l’ensemble des repères historiques attendus, notre thème Histoire reprend les grandes dates de la Révolution à la Ve République.
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