Publié le 28 septembre 2026 par Équipe Esprit Français
Mises en situation de l'examen civique : comment s'entraîner
Les 12 mises en situation de l'examen civique ne sont pas publiées : où elles tombent et comment s'y entraîner (CSP, carte de résident, naturalisation).
Sur les 40 questions de l’examen civique, 28 sont connues à l’avance : le ministère de l’Intérieur publie la liste officielle des questions de connaissance, mention par mention. Les 12 autres, les mises en situation de l’examen civique, ne sont publiées nulle part. C’est là que se jouent la plupart des échecs que nous voyons, parce qu’on ne peut pas les apprendre par cœur. La bonne nouvelle, c’est que le texte officiel dit précisément où elles tombent. Et qu’on peut s’y entraîner avec méthode, que vous visiez une carte de séjour pluriannuelle, une carte de résident ou la naturalisation.
Que disent les textes sur les mises en situation ?
Le cadre est fixé par l’arrêté du 10 octobre 2025 relatif au programme, aux épreuves et aux modalités d’organisation de l’examen civique. Son article 3 pose la règle commune aux trois mentions :
Pour toutes les mentions, l’épreuve de l’examen civique prend la forme d’un questionnaire à choix multiples rédigé en langue française et comprenant quarante questions, incluant des questions de connaissances et des questions de mises en situation.
Le même article précise que les questions de connaissances sont rendues publiques sur le site du ministère. Il ne dit rien de tel pour les mises en situation. Concrètement, aucune liste officielle ne les recense, et les sites qui prétendent vendre « les vraies questions de mise en situation » vendent autre chose. Le ministère met d’ailleurs en garde, sur son site de la formation civique, contre les sites payants qui présentent des risques de fraude et de fausses informations.
Le reste du format est connu : 45 minutes au maximum sur tablette ou ordinateur, une seule bonne réponse parmi quatre, et 32 bonnes réponses sur 40 pour réussir. Service-public.gouv.fr le confirme pour la carte de séjour pluriannuelle et la carte de résident dans sa fiche F39530. Pour la naturalisation, l’arrêté fixe le seuil à 80 %, ce qui revient au même.
Faites le calcul. Avec 8 erreurs autorisées au total, rater la moitié des mises en situation (6 sur 12) ne vous laisse que 2 erreurs possibles sur les 28 questions de connaissance. Beaucoup de candidats révisent leurs dates avec soin et arrivent à l’examen sans avoir jamais travaillé une seule mise en situation. C’est un pari perdant.
Où tombent les 12 mises en situation ?
C’est l’information la plus utile de l’arrêté, et elle est peu relayée. Les 12 mises en situation ne sont pas dispersées dans les cinq thématiques du programme. Elles sont concentrées dans deux d’entre elles, à parts égales.
Dans le détail, la thématique « Principes et valeurs de la République » compte 11 questions : 3 sur la devise et les symboles, 2 sur la laïcité, et 6 mises en situation. La thématique « Droits et devoirs » compte aussi 11 questions : 2 sur les droits fondamentaux, 3 sur les obligations et devoirs, et 6 mises en situation. Les trois autres thématiques (institutions, histoire et géographie, vie en société) ne contiennent que des questions de connaissance.
Ce découpage change la façon de réviser. Une mise en situation ne portera pas sur la date de la bataille de Valmy ni sur le nombre de sénateurs. Elle portera sur la laïcité, l’égalité, la liberté d’expression, la non-discrimination, les obligations du quotidien. Autrement dit, sur des principes que vous devez savoir appliquer, pas seulement réciter.
Le ministère indique aussi que les questions existent en différents niveaux de difficulté selon le titre visé. Une mise en situation de la mention carte de résident n’est donc pas forcément du même niveau qu’une mise en situation de la mention carte de séjour pluriannuelle, même si les thèmes sont identiques.
À quoi ressemble une mise en situation ?
Aucun exemple officiel n’étant publié, ce qui suit est construit par notre équipe à partir du programme. Ce sont des exercices d’entraînement, pas des questions tirées de l’examen. Le principe, lui, est constant : une scène de la vie courante, une question « que faites-vous ? » ou « que dit la règle ? », et quatre réponses dont une seule respecte les principes de la République.
Exemple 1, laïcité. Votre fille, élève dans un collège public, vous dit qu’une camarade a été invitée à retirer un signe religieux ostensible en classe. Quelle affirmation est exacte ?
- A. Le collège a commis une discrimination.
- B. La loi interdit aux élèves des écoles, collèges et lycées publics de porter des signes manifestant ostensiblement une appartenance religieuse.
- C. La règle ne s’applique qu’aux enseignants.
- D. Chaque famille décide pour ses enfants.
La bonne réponse est B. C’est la loi du 15 mars 2004. Le piège, c’est la réponse C : la neutralité s’impose aux agents publics dans tous les cas, mais la loi de 2004 vise bien les élèves de l’enseignement public. Notre article sur le port des signes religieux détaille qui est concerné, où, et pourquoi.
Exemple 2, égalité. Lors d’un entretien d’embauche, on vous demande si vous comptez avoir des enfants, puis on vous explique que le poste « convient mieux à un homme ». Que dit le droit ? Que cette question et ce motif sont discriminatoires, et que vous pouvez saisir le Défenseur des droits. Les mauvaises réponses proposées seront du type « c’est la liberté de l’employeur » ou « il faut l’accepter pendant la période d’essai ».
Exemple 3, devoirs. Vous recevez un courrier vous demandant de déclarer vos revenus, alors que vous pensez ne rien devoir payer. Faut-il répondre ? Oui. La déclaration est obligatoire même si vous n’êtes pas imposable. La réponse séduisante (« inutile si l’on ne paie pas d’impôt ») est fausse.
Voyez la mécanique. Il y a presque toujours une réponse qui semble « raisonnable » ou arrangeante, une réponse qui reflète une habitude d’un autre pays, et une réponse qui applique la règle française. C’est cette dernière qu’on attend. Pas la plus gentille, pas la plus prudente. Celle qui est conforme au droit.
Comment s’entraîner aux mises en situation sans liste officielle ?
La méthode que nous recommandons tient en quatre habitudes, à installer sur plusieurs semaines plutôt que la veille.
Partir des principes, pas des réponses. Pour chaque sous-thème de « Principes et valeurs » et de « Droits et devoirs », formulez en une phrase la règle qui tranche. La laïcité : l’État est neutre, les citoyens sont libres de croire ou de ne pas croire, les agents publics ne manifestent pas leur religion dans leurs fonctions. L’égalité femmes-hommes : mêmes droits, y compris dans le couple et au travail. Si vous savez énoncer la règle, vous saurez reconnaître la bonne réponse quelle que soit la scène. Notre fiche laïcité et la fiche droits et devoirs sont construites dans cet esprit.
Lire la question jusqu’au bout. Les mises en situation sont plus longues que les questions de connaissance, et c’est souvent un mot qui fait basculer la réponse : « école publique » ou « école privée », « agent de la mairie » ou « usager de la mairie ». Beaucoup d’erreurs viennent d’une lecture trop rapide, surtout après la vingtième question.
Éliminer avant de choisir. Sur quatre propositions, deux sont souvent clairement contraires à un principe (une discrimination, une obligation ignorée). Écartez-les d’abord. Il reste alors deux réponses, et la question devient : laquelle applique la règle, laquelle l’arrange ?
S’entraîner dans le format réel. Quarante questions d’affilée, 45 minutes, sans revenir chercher dans ses notes. Les mises en situation arrivent mélangées aux questions de connaissance, et la fatigue joue. Un examen blanc complet par semaine vaut mieux que dix séries de cinq questions.
Une précision de positionnement, parce qu’elle compte. Esprit Français prépare la partie civique de l’examen, pour les trois mentions : naturalisation, carte de séjour pluriannuelle et carte de résident. Les examens blancs mêlent questions de connaissance et mises en situation d’entraînement, rédigées par nous à partir du programme officiel. L’application ne prépare pas le test de français et ne garantit aucun résultat. Pour tester votre niveau dès maintenant, sans rien installer, passez notre examen civique blanc en ligne.
Ce qu’il faut retenir
Les mises en situation pèsent 12 questions sur 40, soit 30 % de l’examen, et elles ne sont jamais publiées. Elles se concentrent sur deux thématiques, « Principes et valeurs de la République » et « Droits et devoirs », avec 6 questions chacune. On ne les apprend pas, on s’y prépare en comprenant les principes et en les appliquant à des scènes concrètes.
Si vous préparez une première carte de séjour pluriannuelle ou une première carte de résident, commencez par vérifier que vous êtes bien concerné : notre article sur l’examen civique pour la CSP et la carte de résident fait le point sur les publics et les dispenses. Pour les questions de procédure, la FAQ répond aux cas les plus fréquents. Et pour la règle du jour, la source reste la fiche F39530 de service-public.gouv.fr, mise à jour régulièrement.
Une question pour finir, à vous poser honnêtement : si l’on vous décrivait demain une scène au travail ou à l’école, sauriez-vous dire quel principe s’applique, et pourquoi ? Si la réponse est « pas toujours », c’est par là que vos révisions doivent commencer.
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