Publié le 27 septembre 2026 par Équipe Esprit Français
Examen civique carte de séjour et carte de résident : qui le passe ?
Examen civique pour une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident : qui est concerné, qui est dispensé, format de l'épreuve et préparation.
Depuis le 1er janvier 2026, l’examen civique ne concerne plus seulement les candidats à la naturalisation. Si vous demandez une première carte de séjour pluriannuelle ou une première carte de résident, la préfecture vous réclame désormais une attestation de réussite à cet examen. La réponse courte à la question « suis-je concerné ? » est donc : probablement oui, si vous êtes un ressortissant non européen, majeur, signataire du contrat d’intégration républicaine, et que vous demandez ce titre pour la première fois. La réponse longue comporte des exceptions, et c’est elle qui compte. Voici ce que disent les sources officielles, sans rien ajouter.
| Mention | Qui la passe | Format |
|---|---|---|
| Carte de séjour pluriannuelle (CSP) | Première demande de CSP, hors titres exclus | 40 questions, 32 bonnes réponses exigées |
| Carte de résident (CR) | Première demande de carte de résident concernée | 40 questions, 32 bonnes réponses exigées |
| Naturalisation | Demande de nationalité française | 40 questions, 32 bonnes réponses exigées |
Qui doit passer l’examen civique pour une carte de séjour pluriannuelle ?
Le ministère de l’Intérieur formule la règle ainsi sur son site consacré à la formation civique :
À partir du 1er janvier 2026, l’examen civique sera exigé pour les personnes sollicitant une carte de séjour pluriannuelle (CSP) ou une carte de résident (CR).
Le public visé est précisé juste après : tout étranger majeur, signataire du contrat d’intégration républicaine (CIR), qui souhaite s’installer durablement en France. L’origine de cette obligation est la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration et améliorer l’intégration, qui a renforcé les exigences de maîtrise du français et d’intégration républicaine pour les primo-arrivants.
Deux mots comptent dans cette phrase. « Première », d’abord. Seule la première demande de carte de séjour pluriannuelle est concernée. Si vous renouvelez une CSP déjà obtenue, vous n’avez pas à fournir d’attestation. C’est écrit noir sur blanc sur service-public.gouv.fr et repris par le ministère.
Ensuite, toutes les CSP ne sont pas visées. La fiche officielle F39530 exclut explicitement plusieurs cas :
- les titres de séjour qui ne sont pas soumis au contrat d’intégration républicaine ;
- les bénéficiaires de la protection subsidiaire et leur famille ;
- les apatrides et leur famille.
Le site du ministère cite aussi, parmi les personnes non concernées, les bénéficiaires de la protection internationale et les ressortissants de pays tiers relevant de certains accords bilatéraux. Si votre nationalité relève d’un accord particulier avec la France, ne supposez rien : posez la question à votre préfecture avant de vous inscrire.
Dernière exception, simple à retenir : au-delà de 65 ans, vous n’êtes pas soumis à l’examen civique.
Quelles cartes de résident sont concernées par l’examen civique ?
Pour la carte de résident, la liste est plus longue et plus précise. Service-public.gouv.fr distingue trois familles de titres. Vous êtes concerné si vous demandez pour la première fois :
- une carte de résident au titre d’époux de Français, de parent d’enfant français, du regroupement familial (conjoint d’un titulaire de carte de résident), ou comme étranger en France depuis 5 ans ;
- une carte de résident de longue durée-UE, notamment après un passeport talent ou une carte bleue européenne, au titre de la carte de réfugié ou de la protection subsidiaire et de leur famille, ou après une résidence régulière ininterrompue d’au moins 5 ans avec des ressources suffisantes, stables et régulières ;
- une carte de résident permanent.
Remarquez une différence avec la CSP : pour la carte de résident de longue durée-UE, la fiche officielle range les réfugiés et les bénéficiaires de la protection subsidiaire parmi les personnes concernées. Le ministère, lui, indique que les bénéficiaires de la protection internationale ne sont pas concernés par l’examen. Les deux textes ne se recouvrent pas parfaitement sur ce point. Dans ce cas précis, la seule réponse fiable est celle de votre préfecture, par écrit si possible.
Comme pour la CSP, le renouvellement d’une carte de résident déjà obtenue ne demande pas d’examen civique, et les plus de 65 ans en sont dispensés.
Un détail pratique fait gagner du temps. L’attestation de réussite à la mention « carte de résident » vaut aussi pour une demande de carte de séjour pluriannuelle. Et cette attestation n’a pas de durée de validité. Si vous visez la carte de résident à moyen terme, préparer directement cette mention n’a donc rien d’absurde.
Comment se passe l’épreuve, concrètement ?
Le format est identique pour la CSP et la CR, et il ressemble beaucoup à celui de la naturalisation :
- 40 questions à choix multiples, rédigées en français, avec une seule bonne réponse parmi quatre ;
- 28 questions de connaissance et 12 mises en situation ;
- 45 minutes au maximum, sur tablette ou ordinateur ;
- 32 bonnes réponses au minimum pour réussir, soit 80 %.
Le programme couvre cinq domaines : principes et valeurs de la République, système institutionnel et politique, droits et devoirs, histoire, géographie et culture, vivre dans la société française. Le ministère précise qu’il existe différents niveaux de difficulté selon le titre de séjour visé. Autrement dit, une question de la mention CSP et une question de la mention CR portent sur les mêmes thèmes, sans être forcément du même niveau.
L’inscription se fait auprès d’un centre agréé. Deux organismes ont été agréés par le ministère de l’Intérieur : la Chambre de commerce et d’industrie de Paris Île-de-France et France Éducation international. Chacun publie une carte de ses centres. Vous pouvez passer l’examen à tout moment et autant de fois que nécessaire.
Deux points de vigilance. Le règlement de l’épreuve vous est communiqué par le centre avant l’examen, et son non-respect peut entraîner la nullité de l’épreuve. Une tentative de fraude, elle, vous interdit de repasser l’examen pendant deux ans. Si votre handicap ou votre état de santé le justifie, un aménagement de l’épreuve est possible, voire une dispense, sur certificat médical.
Enfin, l’examen civique ne remplace pas l’exigence linguistique. Service-public.gouv.fr le rappelle : une connaissance suffisante du français est également obligatoire pour une première CSP ou une première carte de résident. Ce sont deux conditions distinctes, qui se préparent séparément.
Comment se préparer sans se tromper de mention ?
La première erreur que nous voyons, c’est de réviser la mauvaise liste. Beaucoup de contenus en ligne ont été écrits pour la naturalisation, qui a sa propre liste officielle de questions de connaissance. La mention CSP et la mention CR ont chacune la leur, publiée sur le site de la formation civique du ministère de l’Intérieur, avec des fiches par thématique. Commencez par là. C’est gratuit, et le ministère insiste lui-même sur ce point : il n’est pas nécessaire de payer pour accéder aux questions officielles.
La deuxième erreur, c’est de négliger les mises en situation. Elles pèsent 12 questions sur 40, et aucune liste officielle ne les publie. Elles demandent de raisonner sur une situation de la vie courante (un conflit au travail, une démarche en mairie, une question de laïcité à l’école) plutôt que de réciter une date. On s’y prépare en comprenant les principes, pas en mémorisant des réponses.
Troisième conseil : entraînez-vous dans le format réel. Quarante questions d’affilée, chronomètre lancé, sans revenir en arrière pour chercher. La fatigue de la trentième question est réelle, et elle se travaille.
Esprit Français propose un parcours par démarche : vous choisissez naturalisation, carte de séjour pluriannuelle ou carte de résident, et l’examen blanc de 40 questions mêle questions de connaissance et mises en situation pour cette mention. L’application prépare la partie civique uniquement. Elle ne prépare pas le test de français, ne remplace pas les informations de votre préfecture et ne garantit aucun résultat. Vous pouvez aussi tester vos connaissances sans installer l’app sur notre examen civique blanc en ligne, et retrouver les réponses aux questions de procédure dans notre FAQ.
Un dernier mot. Les règles de 2026 sont récentes et les fiches officielles sont mises à jour régulièrement. Avant de déposer votre demande sur l’ANEF, relisez la fiche F39530 de service-public.gouv.fr et la page informations générales sur l’examen civique du ministère. C’est là que se trouve la règle du jour, pas dans un article de blog, fût-ce le nôtre.
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