Esprit Français

Publié le 10 juillet 2026 par Équipe Esprit Français

Le référendum en France : comment ça marche pour l'entretien

Le référendum en France expliqué pour l'entretien de naturalisation : articles 11 et 89, qui le décide, et les grands référendums de la Ve République.

En France, la loi se vote au Parlement. Mais il existe un cas où c’est le peuple qui décide lui-même, directement, sans passer par ses élus : le référendum. On répond par oui ou par non à une question posée, et la réponse s’impose. À l’entretien d’assimilation, l’agent peut vous demander comment les citoyens participent aux décisions, ou vous faire citer un référendum célèbre. Voici de quoi comprendre le mécanisme et répondre sans réciter par cœur.

Bureau de vote français avec urne transparente et isoloirs, lieu où les citoyens votent lors d'un référendum ou d'une élection en France
Un bureau de vote à Saint-Lô. Lors d’un référendum, on vote dans les mêmes conditions qu’à une élection. Crédit : Xfigpower, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Qu’est-ce qu’un référendum, exactement ?

Un référendum, c’est une consultation directe des électeurs sur une question précise. Le pouvoir ne tranche pas à leur place : il leur pose la question, et ce sont eux qui répondent. La réponse est binaire. Oui ou non. Pas de nuance, pas de troisième option.

C’est ce qu’on appelle la démocratie directe, par opposition à la démocratie représentative où vous élisez des députés qui votent les lois à votre place. La Constitution française combine les deux. Son article 3 le dit sans détour :

La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum.

Retenez cette double voie : le peuple gouverne par ses élus, et par le référendum. C’est exactement le genre de formule qui fait mouche à l’entretien, parce qu’elle montre que vous avez compris comment fonctionne la souveraineté en France. Le référendum n’est pas un gadget : c’est l’un des deux canaux par lesquels le peuple exerce le pouvoir.

Un point à ne pas confondre : le référendum ne sert pas à élire quelqu’un. Il sert à approuver ou rejeter un texte. Une loi, un traité, une réforme des institutions. Pour élire le Président ou les députés, on parle d’élection, pas de référendum.

Qui peut décider d’un référendum en France ?

Personne ne convoque un référendum sur un coup de tête. La Constitution encadre strictement qui peut le déclencher et sur quels sujets. Deux articles organisent l’essentiel.

Le référendum de l’article 11

C’est le plus utilisé. L’article 11 permet au Président de la République de soumettre au vote des Français un projet de loi, mais seulement dans certains domaines : l’organisation des pouvoirs publics, les grandes réformes de politique économique, sociale ou environnementale, ou la ratification d’un traité qui aurait des conséquences sur le fonctionnement des institutions.

Le Président ne peut pas agir seul. Il faut une proposition du Gouvernement pendant les sessions parlementaires, ou une proposition conjointe des deux assemblées. C’est un garde-fou : le chef de l’État déclenche, mais quelqu’un doit d’abord le lui proposer.

Le référendum de l’article 89

L’article 89 concerne un cas particulier : la révision de la Constitution elle-même. Pour modifier la loi fondamentale, le texte doit d’abord être voté dans les mêmes termes par l’Assemblée nationale et le Sénat. Ensuite, deux chemins existent. Soit on organise un référendum. Soit, pour un projet du Gouvernement, le Président réunit les deux chambres en Congrès à Versailles, où une majorité des trois cinquièmes suffit. Dans les faits, la voie du Congrès a presque toujours été préférée pour éviter le risque d’un vote populaire incertain.

Le référendum d’initiative partagée

Depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, entrée en vigueur en 2015, il existe une troisième voie : le référendum d’initiative partagée (RIP). L’idée est de donner un peu la main aux citoyens et aux parlementaires, pas seulement au sommet de l’État.

Les conditions sont lourdes. Il faut d’abord un cinquième des membres du Parlement, puis le soutien d’un dixième des électeurs inscrits, soit environ 4,8 millions de personnes. Autant dire un mur. Depuis sa création, aucun RIP n’a jamais abouti à un vote. La tentative la plus connue, sur le statut des aéroports de Paris en 2020, s’est arrêtée à un peu plus d’un million de soutiens, loin du seuil.

Quels référendums ont marqué la Ve République ?

L’histoire des référendums français aide à mémoriser le mécanisme, parce que chacun raconte quelque chose. En voici quelques-uns que vous pouvez citer.

1958. Le tout premier. Les Français approuvent par référendum la nouvelle Constitution de la Ve République, celle qui nous régit encore aujourd’hui.

1962. Deux votes cette année-là. Le plus marquant institue l’élection du Président de la République au suffrage universel direct. Avant, le chef de l’État était désigné par un collège d’élus. C’est ce référendum qui a fait du Président l’homme élu par tous les Français.

1969. Le général de Gaulle propose une réforme du Sénat et une régionalisation. Les Français votent non. Fidèle à sa parole, il démissionne le lendemain. Ce référendum montre une chose : quand le peuple dit non, la conséquence peut être immédiate et brutale.

1992. Les Français approuvent de justesse le traité de Maastricht, qui crée l’Union européenne et prépare l’euro. Le oui l’emporte à environ 51 %. Un score serré, resté célèbre.

2005. Le dernier grand référendum national à ce jour. Les Français rejettent le traité établissant une Constitution pour l’Europe avec 54,67 % de non, pour une participation de près de 70 %. Depuis, aucun référendum national n’a été organisé.

Une chose intrigue souvent les candidats : pourquoi plus aucun référendum depuis 2005 ? Il n’y a pas de règle qui l’interdit. C’est un choix politique. Après le non de 2005, les gouvernements successifs se sont méfiés de l’outil, parce qu’un référendum est risqué : les électeurs répondent parfois moins à la question posée qu’à celui qui la pose. On l’a vu en 1969, quand de Gaulle a lié son maintien au résultat, puis a dû partir. Le référendum reste dans la Constitution, prêt à servir. Il dort, il n’a pas disparu.

Si vous ne deviez en retenir que deux, gardez 1958 (l’adoption de la Constitution) et 2005 (le dernier référendum, un non). Ils suffisent à montrer que vous connaissez le sujet.

Comment répondre à la question du référendum à l’entretien ?

L’agent ne vous demandera pas de réciter les articles de la Constitution. Ce qu’il veut vérifier, c’est que vous comprenez comment les citoyens participent à la vie démocratique. Une réponse simple et juste vaut mieux qu’un déballage de dates.

Si on vous demande ce qu’est un référendum, répondez : “C’est quand on demande directement aux Français de répondre par oui ou par non à une question, sur une loi ou un traité.” Clair, exact, suffisant.

Si on vous demande un exemple, citez 2005, le rejet du traité européen, ou 1958, l’adoption de la Constitution. Un seul exemple bien placé fait le travail.

Si on glisse vers les institutions, reliez le référendum à la souveraineté du peuple : les Français exercent le pouvoir par leurs élus et par le référendum. C’est le cœur de l’article 3, et ça montre que vous avez saisi l’articulation entre la démocratie représentative et la démocratie directe.

Pour aller plus loin, regardez comment une loi est votée en France, quels sont les pouvoirs du Président de la République et le rôle du Conseil constitutionnel, qui veille justement à la régularité des opérations de référendum. Toutes ces notions se recoupent, et l’entretien aime les questions qui rebondissent d’un sujet à l’autre. Vous trouverez le reste dans la fiche Institutions.

Les sources officielles, si vous voulez vérifier un détail, sont limpides : le Conseil constitutionnel et vie-publique.fr tiennent à jour la liste des référendums et le détail des procédures. Rien à inventer, tout est public. Révisez ces repères tranquillement avec Esprit Français, et le jour de l’entretien, la question du référendum ne vous surprendra pas.

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